Editorial
Prise de parole 27 avril 2010
Ce début d’année 2010 est marqué par le projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales qui constitue une véritable régression démocratique pour notre pays.
Les élus, toutes tendances confondues, ont manifesté vivement leur colère face à ce projet de loi lors de manifestations à Marseille et Paris.
Rapprocher les départements et les régions constitue un contresens indéniable car moins de 10% des financements des régions sont croisés avec ceux des départements, contrairement à ce qu’affirme l’Etat. La proposition du gouvernement va relancer les inégalités territoriales qui, depuis 30 ans, avaient largement régressé.
Fusionner en 2014 les conseillers généraux et régionaux en un conseiller territorial ne répond à aucune logique. Comment clarifier les compétences ? Peu à peu le citoyen sera éloigné des centres de décisions. Les services publics seront frappés par cette réforme.
A cela s’ajoute la perte d’autonomie financière des collectivités en raison de la suppression de la taxe professionnelle. Beaucoup de maires ont organisé des réunions publiques pour informer leurs administrés des conséquences dramatiques de cette décision qui, à terme sera supportée par les ménages. Quel avenir pour les communes ?
Et que deviendra le département quand seront abolis les effets bénéfiques de la décentralisation de 1982. Que deviendront les routes départementales, les collèges, l’aide aux associations et au mouvement sportif ?
Comment le département pourra-t’il préserver sa politique de soutien en matière d’équipement des communes
et préserver des services de proximité ?
Quelles perspectives pour les actions menées en faveur des séniors, des collégiens, des handicapés ?
Tous ces services de proximité qui font la spécificité et la richesse de notre pays sont voués à disparaitre au profit « d’un Meccano institutionnel incompréhensible et plein d’arrières pensées électorales, bien loin des objectifs affichés de simplification et de clarification » comme le déplore Alain Rousset, Président de l’Association des Régions de France.
Comme tous mes collègues maires, conseillers généraux, conseillers régionaux, je m’insurge contre cette réforme et clame haut et fort que sa véritable vocation n’est que politicienne et n’améliorera en aucune manière la vie de nos concitoyens, bien au contraire.
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